{"id":47,"date":"2015-02-25T15:17:56","date_gmt":"2015-02-25T15:17:56","guid":{"rendered":"http:\/\/beneficedudoute.ulb.ac.be\/?page_id=47"},"modified":"2015-03-31T12:29:56","modified_gmt":"2015-03-31T12:29:56","slug":"ledito","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/beneficedudoute.ulb.ac.be\/?page_id=47","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9dito"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: justify;\">Emission du 31\/03: la prison<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ce dernier num\u00e9ro, nous nous sommes attaqu\u00e9s au mod\u00e8le de <strong>la prison<\/strong>. La prison est-elle indispensable\u00a0? Par nos discussions avec les invit\u00e9s et nos reportages, nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 la conclusion que non, elle n\u2019est <strong>pas indispensable<\/strong>, ou en tout cas pas sous sa forme actuelle. Pour Marie-Sophie Devresse, directrice du <a href=\"https:\/\/www.uclouvain.be\/cridep.html\" target=\"_blank\">centre de recherche interdisciplinaire sur la p\u00e9nalit\u00e9 et la d\u00e9viance de l\u2019UCL<\/a>, seule une minorit\u00e9 des prisonniers devrait vraiment \u00eatre en prison. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il existe d\u2019autres solutions, qui seraient plus efficaces pour leur cas. Par exemple, le bracelet \u00e9lectronique mais aussi la peine de travail, la peine de probation,\u2026 Cependant, il existe un probl\u00e8me dans la conception de la prison dans la soci\u00e9t\u00e9, car on n\u2019imagine pas que des alternatives existent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un premier probl\u00e8me que nous avons voulu aborder lors de cette \u00e9mission \u00e9tait la <strong>r\u00e9insertion des anciens d\u00e9tenus<\/strong> dans la soci\u00e9t\u00e9. Une fois sorti de prison, l\u2019ancien d\u00e9tenu doit tout d\u2019abord trouver un logement. Ce n\u2019est d\u00e9j\u00e0 pas facile car la prison prive le prisonnier de tout r\u00e9seau\u00a0: il n\u2019a pas acc\u00e8s \u00e0 Internet, les visites de la famille sont compliqu\u00e9es. Une fois dehors, des formations existent, comme au centre Avanti de Charleroi dont nous vous avons parl\u00e9 dans l\u2019\u00e9mission. Mais ces <strong>formations<\/strong> devraient arriver bien plus t\u00f4t, d\u00e9j\u00e0 en prison. Pour Fran\u00e7ois Troukens, notre autre invit\u00e9, pr\u00e9sident de <a href=\"http:\/\/www.chrysalibre.com\/\" target=\"_blank\">l\u2019association Chrysalibre<\/a>, des formations qualifiantes doivent aider petit \u00e0 petit le d\u00e9tenu \u00e0 sa sortie. Le travail existe bien en prison mais il est tr\u00e8s minoritaire. De plus, ce travail ne valorise pas les prisonniers car ils sont tr\u00e8s peu pay\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le second probl\u00e8me concernait le <strong>caract\u00e8re criminog\u00e8ne<\/strong> de la prison. En Belgique, le taux de r\u00e9cidive atteint presque les 48%. C\u2019est <a href=\"http:\/\/www.justice-en-ligne.be\/rubrique194.html\" target=\"_blank\">une \u00e9tude<\/a> de l\u2019Institut national de criminalistique et de criminologie qui le dit mais elle parle plus pr\u00e9cis\u00e9ment de r\u00e9incarc\u00e9ration. Cette r\u00e9cidive serait due \u00e0 la prison. Le constat est l\u00e0\u00a0: plus on reste en prison, plus on a de chances d\u2019y retourner. Ce caract\u00e8re criminog\u00e8ne nous a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par nos invit\u00e9s et particuli\u00e8rement Fran\u00e7ois Troukens. Ancien d\u00e9tenu, il a lui-m\u00eame v\u00e9cu cette r\u00e9cidive. Il nous explique qu\u2019un jeune de 17 ans, quand il arrive en prison, va rencontrer des d\u00e9tenus plus radicalis\u00e9s qui peuvent le monter contre la soci\u00e9t\u00e9. Les d\u00e9tenus sortent donc en pensant que c\u2019est de <strong>la faute de la soci\u00e9t\u00e9<\/strong> s\u2019ils se sont retrouv\u00e9s en prison. Pour reprendre la m\u00e9taphore \u00e9voqu\u00e9e par un ancien d\u00e9tenu dans l\u2019un de nos reportages, \u00ab\u00a0quand on sort de prison, on a un doctorat de criminel\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Fran\u00e7ois Troukens, il faut faire entrer l\u2019\u00e9ducation et la culture dans les prisons, c\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019objectif de son association, Chrysalibre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans notre \u00e9mission, nous avons justement \u00e9voqu\u00e9 une alternative viable, mise en place en Norv\u00e8ge. Il s\u2019agit <strong>des prisons ouvertes<\/strong>. Gr\u00e2ce \u00e0 cela, la r\u00e9cidive diminue tout comme les tentatives d\u2019\u00e9vasion ou la criminalit\u00e9 dans la prison. Ce syst\u00e8me marche donc et pour Marie-Sophie Devresse, il pourrait \u00eatre mis en place en Belgique mais ce qui manque, c\u2019est <strong>une volont\u00e9 politique<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Merci \u00e0 Fran\u00e7ois Troukens et Marie-Sophie Devresse, nos invit\u00e9s. Nous remercions \u00e9galement Xavier van der Smissen, le centre Avanti, Olivia Nederlandt qui sont intervenus dans nos reportages.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Emission du 24\/03: la neutralit\u00e9 religieuse en Belgique<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la cinqui\u00e8me \u00e9mission (et la derni\u00e8re pour notre quatuor), nous nous sommes int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la <strong>neutralit\u00e9 religieuse en Belgique<\/strong>. Apr\u00e8s les attentats \u00e0 Paris en janvier, nous nous sommes dit que ce th\u00e8me devait \u00eatre trait\u00e9 au moins une fois durant notre \u00e9mission. Toute la difficult\u00e9 r\u00e9sidait dans le fait de\u00a0ne pas rentrer dans les d\u00e9bats habituels qui ne font jamais avancer les choses\u00a0par rapport \u00e0 la religion. Nous avons donc d\u00e9cid\u00e9 de nous pencher sur la mani\u00e8re dont notre pays aborde les religions dans la sph\u00e8re publique avec la simple question \u00ab\u00a0qu&rsquo;est ce que \u00e7a veut dire \u00eatre neutre ?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons d&rsquo;abord d\u00fb diff\u00e9rencier <strong>neutralit\u00e9<\/strong> et <strong>la\u00efcit\u00e9<\/strong>. Quelle diff\u00e9rence entre les deux ? Les deux concepts paraissent, de prime abord, assez semblables. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pour cette raison que beaucoup de personnes pensent que l&rsquo;Etat belge est la\u00efc, comme nous avons pu l&rsquo;entendre dans notre micro-trottoir en d\u00e9but d&rsquo;\u00e9mission. Mais on peut retenir que, th\u00e9oriquement, un Etat la\u00efc ne reconnait et ne finance aucun culte, contrairement \u00e0 la neutralit\u00e9. Cependant,\u00a0la la\u00efcit\u00e9 reste\u00a0un concept vraiment complexe, qui peut \u00eatre vu tant sous un angle philosophique, que politique. D\u00e8s le d\u00e9part, nous nous sommes donc rendus compte que nous n&rsquo;avions pas choisi la facilit\u00e9 en optant pour ce th\u00e8me&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La recherche pour cette \u00e9mission a commenc\u00e9 par un petit tour des <strong>services publics<\/strong> en Belgique pour mieux comprendre comment s&rsquo;applique cette neutralit\u00e9 religieuse. Tr\u00e8s vite, nous nous sommes aper\u00e7us que la notion de neutralit\u00e9 pr\u00e9sente un flou \u00e9vident dans le service public. Les r\u00e8gles concernant le port d&rsquo;un symbole religieux partent dans tous les sens, et manquent parfois clairement de coh\u00e9rence et d&rsquo;uniformit\u00e9. Ce flou peut d&rsquo;ailleurs souvent mener \u00e0 des discriminations, notamment \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole ou au travail. Un des facteurs explicatifs pourrait tenir au\u00a0fait que nous avons g\u00e9n\u00e9ralement peur de toucher au sujet. De ce fait, le d\u00e9bat reste latent et pourrit de l&rsquo;int\u00e9rieur. La solution pourrait donc \u00eatre la discussion et le d\u00e9bat autour de ce probl\u00e8me.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et pour en discuter, nous avions choisi d&rsquo;inviter <strong>Ibrahim Akrouh<\/strong>, responsable du service juridique\u00a0du MRAX, et <strong>Philipp Bekaert<\/strong>, membre du RAPPEL, le r\u00e9seau pour la promotion d&rsquo;un Etat la\u00efc. Les deux hommes ne\u00a0partagent pas le m\u00eame avis sur la question de la neutralit\u00e9. Pourtant, leurs positions respectives reposaient sur des arguments bien\u00a0l\u00e9gitimes. D&rsquo;une part,\u00a0Ibrahim Akrouh\u00a0soutenait la reconnaissance et le financement des cultes ainsi qu&rsquo;une libert\u00e9 d&rsquo;expression tr\u00e8s large des religions dans l&rsquo;espace public, l&rsquo;objectif \u00e9tant d&rsquo;apprendre \u00e0 vivre les uns avec les autres, tout en respectant l&rsquo;individualit\u00e9 de chacun. D&rsquo;autre part, Philipp Bekaert avan\u00e7ait un mod\u00e8le plus la\u00efc o\u00f9 la religion reste dans la sph\u00e8re priv\u00e9e. Les individus seraient tenus de ne pas imposer leurs croyances et leurs convictions dans la sph\u00e8re publique pour \u00e9viter de titiller les susceptibilit\u00e9s de chacun et favoriser une certaine harmonie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au niveau pratique, nous avons retenu qu&rsquo;il est difficile de trouver des personnes qui veulent bien parler de\u00a0ce th\u00e8me qui semble encore\u00a0\u00ab\u00a0touchy\u00a0\u00bb. Nous avons donc eu \u00e9norm\u00e9ment de mal \u00e0\u00a0trouver des invit\u00e9s mais aussi des intervenants pour\u00a0nos reportages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour finir cet \u00e9dito, nous tenons \u00e0 remercier nos invit\u00e9s Ibrahim Akrouh et Philipp Bekaert. Un grand merci \u00e9galement \u00e0 Safia, Patrick Charlier, Vincent de Coorbyter, Yves Kengen, Henri Bartholomeeusen, Jan Devolder et Nouredinne Sma\u00efli qui sont intervenus dans nos reportages.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Emission du 17\/03: le travail<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"line-height: 1.5;\">Cette semaine, nous avons \u00e9tudi\u00e9 le vaste th\u00e8me du <strong>travail<\/strong>. Il s\u2019agit bien d\u2019un autre pilier fondamental de notre soci\u00e9t\u00e9, \u00e0 tel point que c\u2019est tout notre syst\u00e8me qui semble s\u2019organiser autour de cette notion.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut bien travailler, dans cette soci\u00e9t\u00e9 qui nous \u00e9duque, dans laquelle on se d\u00e9veloppe socialement, cette soci\u00e9t\u00e9 qui nous pousse \u00e0 consommer\u2026 <strong>\u00ab\u00a0Pourquoi travaille-t-on\u00a0?\u00a0\u00bb<\/strong> C\u2019est la premi\u00e8re question que nous avons pos\u00e9e \u00e0 nos intervenants et \u00e0 nos invit\u00e9s. Les r\u00e9ponses sont \u00e9videmment multiples. Ecoutez plut\u00f4t la r\u00e9ponse de notre invit\u00e9 Mat\u00e9o Alaluf, professeur et sociologue du travail.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une large partie de notre \u00e9mission \u00e9tait d\u00e9di\u00e9e au <strong>revenu de base<\/strong>. C\u2019est un concept \u00e2g\u00e9 de plusieurs si\u00e8cles aujourd\u2019hui d\u00e9fendu par plusieurs institutions notamment certaines personnalit\u00e9s politiques. Il s\u2019agirait d\u2019une allocation universelle d\u00e9finie par 3 crit\u00e8res\u00a0: elle serait inconditionnelle, individuelle et universelle. Chaque individu pourrait donc y pr\u00e9tendre, d\u00e8s sa naissance. En pr\u00e9parant l\u2019\u00e9mission, nous nous sommes rendus au th\u00e9\u00e2tre de Toone, dans le centre de Bruxelles, o\u00f9 le r\u00e9seau belge pour le revenu de base organisait son premier \u00ab\u00a0caf\u00e9 d\u00e9bat\u00a0\u00bb. Sur le plateau, pour r\u00e9agir au reportage que nous avions r\u00e9alis\u00e9, \u00e9taient pr\u00e9sentes deux personnalit\u00e9s hostiles \u00e0 cette id\u00e9e d\u2019allocation universelle\u00a0: <strong>Franco Carminati et Mat\u00e9o Alaluf<\/strong> donc. Ce dernier a par ailleurs r\u00e9cemment publi\u00e9 le livre intitul\u00e9\u00a0l\u2019allocation universelle, un label de pr\u00e9carit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La diff\u00e9rence des deux points de vue \u00e9voqu\u00e9s durant l\u2019\u00e9mission a du coup \u00e9t\u00e9 marquante. Par exemple, pour les d\u00e9fenseurs du revenu de base, <strong>le plein emploi <\/strong>\u00e9tait un mythe, un objectif qu\u2019il faudrait arr\u00eater d\u2019afficher. Car selon eux, jamais, \u00ab\u00a0si l\u2019on fait preuve de bon sens\u00a0\u00bb, nos gouvernements n\u2019arriveront \u00e0 faire travailler tout le monde. C\u2019est alors que le revenu de base appara\u00eetrait comme la meilleure des solutions. Le professeur Mat\u00e9o Alaluf r\u00e9duisait \u00e0 n\u00e9ant ce raisonnement, en affirmant que le plein emploi, non seulement n\u2019\u00e9tait pas un mythe, mais \u00e9tait en plus parfaitement atteignable. Selon nos deux invit\u00e9s, il existe une solution pour que soit r\u00e9tabli le plein emploi :<strong> il faut r\u00e9duire le temps de travail.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre deuxi\u00e8me reportage explorait la th\u00e9matique des r\u00e9seaux d\u2019\u00e9changes de savoirs r\u00e9ciproques. Une id\u00e9e que nos invit\u00e9s jugent bien plus <strong>sociale<\/strong> que ne l\u2019est celle du revenu de base, qui s\u2019ancre dans une id\u00e9ologie bien plus <strong>lib\u00e9rale<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En bref, gr\u00e2ce \u00e0 nos techniques modernes ultra-productives, les nouvelles technologies et l\u2019<strong>effort collectif<\/strong>, nous aurions d\u00fb \u00e9voluer naturellement vers une soci\u00e9t\u00e9 moins travailleuse. Il y a plusieurs d\u00e9cennies, les sociologues s\u2019attendaient tous \u00e0 voir le temps de travail diminuer, voire dispara\u00eetre. Ce n\u2019est pas le cas, et le ch\u00f4mage fait des siennes, mais nous sommes tout de m\u00eame dans la <strong>bonne voie<\/strong>, nous dit Mat\u00e9o Alaluf, qui souligne que jamais l\u2019homme n\u2019a jamais si peu travaill\u00e9. Pour le professeur en sociologie donc, le dicton \u00ab\u00a0travailler plus pour gagner plus\u00a0\u00bb est une aberration totale. Il faut trouver un moyen de travailler moins longtemps. Ainsi nous serions plus productifs, seuls des emplois vraiment utiles \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 existeraient, et personne ne serait laiss\u00e9 sur le c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Merci beaucoup \u00e0 nos invit\u00e9s Franco Carminati et Mat\u00e9o Alaluf. Merci \u00e9glament \u00e0 Esteban Martinez Garcia, \u00e0 Aur\u00e9lien Ghistelinck ainsi qu\u2019\u00e0\u00a0Quentin, Ria, Phoebe, Mathieu, Jacques, Jean-Jacques, Christine, Coluche et John Lennon&#8230;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Emission du 10\/03: la d\u00e9mocratie<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le troisi\u00e8me num\u00e9ro du B\u00e9n\u00e9fice du doute, nous avons choisi d&rsquo;aborder le th\u00e8me de la <strong>d\u00e9mocratie<\/strong> et d&rsquo;explorer les alternatives au syst\u00e8me repr\u00e9sentatif\u00a0belge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La d\u00e9mocratie est un concept tr\u00e8s large et qui suscite de nombreuses interrogations. D\u00e9s le d\u00e9but des pr\u00e9paratifs de l&rsquo;\u00e9mission, nous avons choisi de nous limiter \u00e0 quelques questions qui nous semblaient essentielles. Le concept de d\u00e9mocratie se limite-t-il \u00e0 celui du suffrage universel? La d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative telle que nous la connaissons aujourd&rsquo;hui est-elle la meilleure solution? La participation aux \u00e9lections tous les quatre ou cinq ans suffit-elle au citoyen pour se faire entendre?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019ensemble des alternatives au syst\u00e8me actuel, nous avons aussi choisi de donner la parole \u00e0 ceux et celles qui d\u00e9fendent une d\u00e9mocratie plus directe, o\u00f9 le citoyen joue un r\u00f4le actif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais avant d\u2019explorer les alternatives, nous sommes all\u00e9s \u00e0 la rencontre de jeunes \u00e9l\u00e8ves en visite \u00e0 l\u2019exposition \u00ab\u00a0La Fabrique de la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb. Il est ressorti de cette rencontre une certaine <strong>incompr\u00e9hension<\/strong> de ce qu\u2019est la d\u00e9mocratie. Et selon nos invit\u00e9s, Anne-Emmanuelle Bourgaux et Thibault Scohier, cette incompr\u00e9hension devrait \u00eatre corrig\u00e9e par une meilleure <strong>\u00e9ducation<\/strong> \u00e0 la citoyennet\u00e9. Il est essentiel de comprendre que la d\u00e9mocratie ce n\u2019est pas seulement la question du suffrage universel mais aussi celle du droit d\u2019\u00e9ligibilit\u00e9, du profil de nos repr\u00e9sentants ou encore du r\u00e9f\u00e9rendum. Et la d\u00e9mocratie ce n\u2019est pas seulement un r\u00e9gime mais aussi une culture avec une dimension \u00e9conomique qui fonctionne sur base de la prise de d\u00e9cision collective de l\u2019ensemble des citoyens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais si la d\u00e9mocratie ne se limite pas seulement au suffrage universel, le syst\u00e8me repr\u00e9sentatif est-il r\u00e9ellement suffisant ? \u00a0Pour\u00a0Vincent Jacquet, coordinateur du G1000 et Kevin Hauzer, co-pr\u00e9sident du parti pirate, la r\u00e9ponse est non. Nous avons eu l&rsquo;occasion de les rencontrer et, bien qu&rsquo;ils soient porteurs de projets diff\u00e9rents, ils d\u00e9fendent tous deux un objectif commun\u00a0: la <strong>d\u00e9mocratie participative<\/strong>. Et cet objectif, Anne-Emmanuelle Bourgaux le partage\u00a0: nos \u00e9lus ont tout \u00e0 gagner \u00e0 renforcer leur relation avec leurs \u00e9lecteurs et \u00e0 r\u00e9tablir la confiance. Pour Thibault Scohier, cependant, il faudrait m\u00eame aller plus loin et \u00e9tablir une d\u00e9mocratie directe o\u00f9 chaque citoyen prend part directement aux d\u00e9cisions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La participation citoyenne est donc essentielle mais, dans le syst\u00e8me actuel, comment se faire entendre\u00a0? Certains ont fait le choix de rejoindre le mouvement citoyen \u00ab\u00a0Tout autre chose\u00a0\u00bb que nous avons d\u00e9couvert lors de cette \u00e9mission. Le mouvement n\u2019en est qu\u2019\u00e0 ses d\u00e9buts et on peut s\u2019interroger sur son efficacit\u00e9. Thibault Scohier s\u2019inqui\u00e8te en effet que ce genre de mouvement ne trouve pas les moyens de mobiliser et de faire r\u00e9ellement changer les choses. Mais, pour Anne-Emmanuelle Bourgaux, peu importe. Ce qui compte c\u2019est que ce genre de contestation s\u2019organise pour revaloriser la <strong>citoyennet\u00e9 d\u00e9fensive et active<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En conclusion, nous retiendrons de cette \u00e9mission qu\u2019il existe aujourd\u2019hui de nombreux acteurs qui se battent pour une <strong>d\u00e9mocratie plus \u00e0 l\u2019\u00e9coute des citoyens<\/strong>. Et, quelque soit le mod\u00e8le qu\u2019on d\u00e9fend, \u00e9lecteurs et \u00e9lus ont tous int\u00e9r\u00eat \u00e0 d\u00e9fendre une d\u00e9mocratie o\u00f9 la relation est une relation de confiance et bas\u00e9e sur le long terme, o\u00f9 le citoyen dispose de plateformes pour se faire entendre, et pas seulement une fois tous les quatre ou cinq ans. D\u2019autres mod\u00e8les sont possibles, et tout le monde en b\u00e9n\u00e9ficierait\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Merci<\/strong> \u00e0\u00a0nos deux invit\u00e9s Anne-Emmanuelle Bourgaux et Thibault Scohier. Merci aussi \u00e0\u00a0Jean Vogel, Mathilde Oechsner, les \u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00e9cole Escale, Vincent Jacquet, Kevin Hauzer, David Mendez Yepez et les participants \u00e0 la soir\u00e9e de lancement de Tout autre chose Brabant-Wallon.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Emission du 3\/03: les \u00ab\u00a0Child free\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le deuxi\u00e8me num\u00e9ro, nous avons consacr\u00e9 notre \u00e9mission \u00e0 la famille et plus particuli\u00e8rement aux personnes qui font le choix de ne pas avoir d\u2019enfants, plus commun\u00e9ment appel\u00e9es <strong>\u00ab\u00a0Child free\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour cette \u00e9mission, nous nous sommes pos\u00e9 de nombreuses questions. Pourquoi veut-on des enfants\u00a0? Et pourquoi ne veut-on pas d\u2019enfants\u00a0? Pourquoi la soci\u00e9t\u00e9 juge mal ces \u00ab\u00a0Child free\u00a0\u00bb ? Quelle est l\u2019\u00e9volution avec le temps\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant tout, il faut diff\u00e9rencier le d\u00e9sir d\u2019enfant et le projet d\u2019enfant. Le <strong>d\u00e9sir d\u2019enfant<\/strong> est tr\u00e8s id\u00e9alis\u00e9, ce n\u2019est pas encore concret tandis que <strong>le projet<\/strong> renvoie \u00e0 la d\u00e9cision concr\u00e8te de faire des enfants et d\u2019y consacrer une partie de son temps. Le d\u00e9sir ou le non d\u00e9sir d\u2019enfants ne sont pas des choix conscients. Il s\u2019agit avant tout d\u2019un <strong>projet de couple<\/strong>. Les probl\u00e8mes surviennent d\u2019ailleurs quand les deux partenaires ne sont pas d\u2019accord.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A c\u00f4t\u00e9 de choix tr\u00e8s personnel, la soci\u00e9t\u00e9 et les politiques mises en place peuvent influencer les projets des couples. Les <strong>politiques de la petite enfance<\/strong> (cr\u00e8ches, cong\u00e9s parentaux, cong\u00e9 de maternit\u00e9 et de paternit\u00e9, etc.) peuvent inciter ou d\u00e9courager le fait d\u2019avoir des enfants. Il existe en fait deux syst\u00e8mes: la privatisation ce qui oblige les parents \u00e0 tout g\u00e9rer par eux-m\u00eames\u00a0; ou la prise en charge par les services publics ce qui permet de mener \u00e0 bien une carri\u00e8re. Le syst\u00e8me belge se situerait, lui, plut\u00f4t entre les deux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les \u00ab\u00a0Child free\u00a0\u00bb sont stigmatis\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9. On les accuse de ne pas aimer les enfants, on les qualifie d\u2019\u00e9go\u00efste ou de carri\u00e9riste. Lors de notre \u00e9mission, nous avons pu nous rendre compte qu\u2019il s\u2019agissait, pour la plupart, de <strong>st\u00e9r\u00e9otypes<\/strong>. Nous avons rencontr\u00e9 un couple qui ne veut pas d\u2019enfants mais qui est pourtant tr\u00e8s attach\u00e9 aux enfants. Par contre, pour le point sur l\u2019\u00e9go\u00efsme, le couple a admis qu\u2019il y avait une part d\u2019\u00e9go\u00efsme dans leur choix parce qu\u2019ils ne veulent pas que quelqu\u2019un qui s\u2019immisce dans leur couple. Cependant, c\u2019est loin d\u2019\u00eatre une g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9. Dans la pr\u00e9paration de notre \u00e9mission, nous avons m\u00eame pu rencontrer l\u2019opinion inverse. Avoir des enfants serait aussi une forme d\u2019\u00e9go\u00efsme pour des raisons \u00e9conomiques, \u00e9cologiques sans oublier \u00ab\u00a0la douleur \u00e0 laquelle on expose son enfant en lui donnant la vie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Finalement, ce que nous pouvons retenir, c\u2019est que le d\u00e9sir ou le non d\u00e9sir d\u2019enfants reste <strong>un choix tr\u00e8s personnel et irrationnel<\/strong>. Et ce projet de vie ne d\u00e9finit pas l\u2019identit\u00e9 d\u2019une personne. Pourquoi la soci\u00e9t\u00e9 a-t-elle donc tant de mal \u00e0 accepter ce choix\u00a0? Nous vous proposons d\u2019\u00e9couter la r\u00e9ponse d\u2019Isabelle Tilmant.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Isabelle Tilmant - Emission du 3\/03 by Ang\u00e8leOlivier\" width=\"604\" height=\"400\" scrolling=\"no\" frameborder=\"no\" src=\"https:\/\/w.soundcloud.com\/player\/?visual=true&#038;url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F194358302&#038;show_artwork=true&#038;maxheight=906&#038;maxwidth=604\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Merci<\/strong> \u00e0 Isabelle Tilmant, Val\u00e9rie Lootvoet, Annick Delvigne, Laetitia, Gilles, Chlo\u00e9, Nathalie, Alicia Novis, Th\u00e9ophile de Giraud, Michel Balieus et Philippe Delchambre<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Emission du 24\/02 : l&rsquo;int\u00e9gration des personnes \u00e2g\u00e9es<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mardi, nous avons diffus\u00e9 notre premi\u00e8re \u00e9mission en direct sur Radio Campus. Le th\u00e8me du jour concernait l&rsquo;int\u00e9gration des personnes \u00e2g\u00e9es dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant de nous lancer dans le sujet, nous\u00a0nous sommes pos\u00e9 des questions simples, comme \u00e0 chaque fois : pourquoi avons-nous tendance \u00e0 exclure les a\u00een\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 ? Pourquoi les percevons-nous de fa\u00e7on n\u00e9gative\u00a0? La vieillesse fait-elle peur ? Les maisons de repos sont-elles indispensables ? Nous avons\u00a0constat\u00e9 une sorte de paradoxe. La maison de repos est tr\u00e8s d\u00e9cri\u00e9e actuellement. Pour beaucoup, elle n&rsquo;est qu&rsquo;un mouroir. Pourtant, nous\u00a0continuons d&rsquo;y placer nos seniors, comme institut de premier choix lorsqu&rsquo;on n&rsquo;arrive plus \u00e0 s&rsquo;occuper d&rsquo;eux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces interrogations nous ont men\u00e9 \u00e0 chercher des r\u00e9ponses sur le terrain. Nous avons donc pris l&rsquo;initiative de contacter des maisons de repos, des r\u00e9sidences pour seniors, des associations mais aussi des familles. Chaque membre de notre \u00e9quipe a donc pu rencontrer des personnes \u00e2g\u00e9es, \u00e9couter\u00a0leur histoire et s\u2019impr\u00e9gner de leur v\u00e9cu pour r\u00e9aliser une \u00e9mission humaine avant tout.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s des journ\u00e9es de travail intenses, tout \u00e9tait en place, et nous n&rsquo;avions qu&rsquo;\u00e0 nous\u00a0confier au hasard du direct. Malgr\u00e9 les nerfs, la fatigue et un petit couac\u00a0technique, cette \u00e9mission s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e comme nous l&rsquo;esp\u00e9rions. Les discussions avec les invit\u00e9s\u00a0ont enrichi notre \u00e9mission mais aussi notre mani\u00e8re de penser la vieillesse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous retiendrons particuli\u00e8rement l&rsquo;histoire tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9latrice de notre invit\u00e9, Colette Maskens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/w.soundcloud.com\/player\/?url=https%3A\/\/api.soundcloud.com\/tracks\/192967914&amp;color=b30f00&amp;auto_play=false&amp;hide_related=false&amp;show_comments=true&amp;show_user=true&amp;show_reposts=false\" width=\"100%\" height=\"166\" frameborder=\"no\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout n&rsquo;est, au fond, qu&rsquo;une question de regard. Si nous nous contentons de percevoir\u00a0les \u00ab\u00a0vieux\u00a0\u00bb comme des sources de probl\u00e8mes, nous passons \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;essentiel. En effet, derri\u00e8re chaque visage marqu\u00e9 par le temps\u00a0se cachent\u00a0des tr\u00e9sors insoup\u00e7onn\u00e9s. A nous de faire le pas pour\u00a0les d\u00e9couvrir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous tenons \u00e0 remercier chaleureusement nos invit\u00e9s, Colette Maskens et Gr\u00e9goire Carlier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un tout grand merci \u00e9galement\u00a0\u00e0 Marcelle pour ses piles, Albert, Jaco, Ad\u00e9lie, Hubert, Jacqueline, Paya Carmen, Carmen, Nicolas, Jean, Jean, Roger, Sylvia, Christiane et \u00e0 tous les autres habitants de la r\u00e9sidence Abbeyfield.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Emission du 31\/03: la prison Pour ce dernier num\u00e9ro, nous nous sommes attaqu\u00e9s au mod\u00e8le de la prison. La prison est-elle indispensable\u00a0? Par nos discussions avec les invit\u00e9s et nos reportages, nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 la conclusion que non, elle n\u2019est pas indispensable, ou en tout cas pas sous sa forme actuelle. 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